Le temps passe. Y compris quand cela semble impossible. Y compris quand chaque tic tac de la grande aiguille est aussi douloureux que les pulsations du sang sous un hématome. Il s'écoule de manière inégale, rythmé par des embardées étranges et des répits soporifiques mais il passe. Même pour moi.
La sensation d'un grand trou avait été découpé dans ma poitrine, tranchant mes organes vitaux & laissant des plaies béantes aux lèvres grossièrement tailladées qui continuaient à saigner douloureusement en dépit du temps, était paralysante. La raison me disait que mes poumons fonctionnait toujours, je haletais néanmoins; la tête me tournait, comme si mes efforts pour respirer ne servaient à rien. Mon coeur aussi devait battre, mais je ne percevais pas ses cognements dans mes oreilles. Mes mains glacées me donnaient l'impression d'être bleues. Je me mis en chien de fusil, serrant mes cotes pour ne pas me déliter. Je m'obligeai à retrouver mon hébétitude, mon déni. Malheureusement, ils me fuyaient.
Pourtant je découvrais que j'étais capable de survivre.
#
Gepost op zaterdag 12 april 2008, 03u30
Gewijzigd op vrijdag 27 februari 2009, 09u07